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2084: The End of the World

2084: The End of the World

Regular price 14,20 EURO
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Année : 2017
Pages : 336
Reliure : Pocket

Abistan, a vast empire, takes its name from the prophet Abi, Yölah's "delegate" on Earth. Its system is founded on amnesia and submission to the one true God. All personal thought is banned; an omnipresent surveillance system allows the authorities to know of any deviant ideas or actions. The unified people live happily in unquestioning faith.

But one man, Ati, questions the imposed certainties. He embarks on an investigation into a people of renegades who live in ghettos, without the solace of religion. Through a narrative full of comical and unsettling inventions, Boualem Sansal follows in Orwell's footsteps to satirize the excesses and hypocrisy of religious radicalism.

 Sous réserve de disponibilité chez l'éditeur. 

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  • Excellent roman et très bonne lecture par les 2 narrateurs
  • La lecture de ce livre donne l'impression qu'Abistan est à notre porte.
  • L'écriture est délicieuse et très mélodieuse, érudite même
  • 5 stars: 8 (47%)
  • 4 stars: 5 (29%)
  • 3 stars: 3 (18%)
  • 2 stars: 1 (6%)
  • 1 star: 0 (0%)
H
HM
excellent

Excellent roman, et très bonne lecture par les 2 intervenants

F
Farinette
D’un réalisme saisissant

En lisant ce livre on a l’impression que l’Abistan est à notre porte, soyons vigilants.1984 d’Orwell était pure fiction, 2084 est plus proche de la réalité.

T
ThL 30
Prémonitoire

Prémonitoire

P
Pierre Matringe
Ce roman aide à penser le présent.

Roman saisissant qui illustre la fin du monde dominée par une certaine religion. Parmi les analyses disséminées au fil du roman, l'une me paraît se démarquer : une fois la soumission acquise, les ennemis désignés ne sont pas ceux dont le dogme n'est pas orthodoxe, mais la franche mécréance.

N
Nserval
Bof (2ème) !

N'ayant pas d'idée pour le titre, je pense que Bof ! fera l'affaire !J'ai commencé ce livre plein de motivation après les critiques et bon ! Quand même "Grand prix du roman....". Quand même !Mais...Que c'était long, pénible, pas clair et on se demande toujours quand le roman va commencer. Aucun dialogue...pour découvrir qu'il ne va rien se passer.Ce roman n'a ni queue ni tête.

M
Mme MarieF Lucas
2084

Livre en très bon état mais une livraison bien tardive même si arrivée dans les temps prévus

U
Unvola
2084 :1984 la suite...

Avec son excellent roman dystopique « 1984 », George Orwell nous donnait la plus complète description et définition du Totalitarisme, à travers les régimes (et systèmes) totalitaires du XXème siècle : le Communisme et le Nazisme.Ici, avec « 2084. La fin du monde », Boualem Sansal s’est clairement donné comme mission et devoir d’écrire la « suite » de « 1984 » - il s’y réfère d’ailleurs dans plusieurs chapitres du livre et notamment à la fin de l’ouvrage, dans une volonté évidente de continuité -, en reprenant la même stylistique comparative et analogique, pour décrire le Totalitarisme de ce XXIème siècle !La surprise de la puissance de l’analyse est évidemment amoindrie par rapport à l’œuvre d’Orwell, mais on ressent parfaitement bien, à nouveau, l’impérieuse nécessité, pour l’auteur…, de nous alerter…P.S. : Ce livre est à lire également pour la très grande richesse de son vocabulaire.

S
Stefan ORTS-ROMANET
Anticiper les extrêmes

C’est un bouquin sur le lavage de cerveau des extrémismes religieux poussés justement à l’extrême. C’est très intello et souvent un peu chiant. Souvent prenant aussi malgré tout. Sansal se fait le philosophe de son époque - mais quelle époque exactement? -, la vie, la mort, le bien, le mal, la liberté et la soumission. C’est parfois très intéressant, voire lucide et juste. Comment la croyance se fonde sur des automatismes qui empêchent réellement de penser, et donc de contre-pensée. Comment la croyance dogmatique en une chose ouvre la voix à son contraire. Automatiser pour contrôler et faire croire que l’on croit. Surtout ne pas y réfléchir, ne pas y penser. C’est un raisonnement remarquable et juste. Mais il n’y a pas d’histoire. Ati est un support, une effigie. Si « Bigaye vous observe » reste un clin d’œil amusant, cela ne suffit pas pour fonctionner.Et puis malgré tout on s’installe dans une ambiance, une oppression qui fonctionne par moments. C’est pas mal écrit, un peu ambitieux sur les tournures de phrases et les choix lexicaux, mais Boualem Sansal domine la fluidité de l’écriture, le sens des mots qui marquent. Il crée un lien étonnant et très sympa avec l’Ingsoc, le « pays » d’Orwell et Big Brother, en fait une continuité qui justifie la naissance de son monde et de la domination de l’Islam. Il s’en sert même pour conclure son roman.Comme Orwell, il tente de créer un personnage qui navigue dans les méandres d’une dictature, mais ne parvient pas à lui donner vie. Ati ne s’anime jamais, il survole son monde aux frontières indéfinies. Le pèlerinage clandestin vers la Kiïba n’a de réel intérêt que le décor qui prend une certaine ampleur. Le faux suspense qui entoure Ati et Koa se perd aux écho du roman d’Orwell bien avant de faire illusion. Mais une fois de plus, cela se laisse lire plutôt facilement passés les premiers chapitres. La prose s’adapte et façonne ces extrémismes gouvernementaux en cercles concentriques pétris de réalité crue et très visuels. C’est un tableau qui interpelle.Pour terminer, quatre citations dans un mouchoir de poche, tirées de la toute fin du roman et qui nous renvoient à notre propre vacuité : « ... et, comme souvent, à force de parler d’une idée elle devient réalité… » ; « ... nous avons inventé un monde si absurde qu’il nous faut nous-mêmes l’être chaque jour un peu plus pour seulement retrouver notre place de la veille » ; « Les plus dangereux sont ceux qui ne rêvent pas… » ; (attention cerise sur le gâteau) « Les Honorables et leurs fils, qui déjà se voient Honorables à la place de leurs Honorables de pères, eux aussi rêvent et complotent pour être califes à la place du calife. Qui accepterait de céder la place au meilleur ? Tous sont meilleurs que le meilleur d’entre eux, chacun est le génie que le peuple attend. »

F
Frédéric Bastani
Le message est pourtant bien clair...

Ce livre est un avertissement : Le monde d’Orwell de 1984 n'est plus si éloigné que cela.Contrairement à ce que j'ai pu lire dans un autre commentaire, Boualem Sansal n'a pas eu besoin de beaucoup d'imagination : le monde qu'il décrit est une compilation de la dictature d'Orwell et des régimes islamistes les plus extrêmes.- Beaucoup de parallèles avec le best-seller d'Orwell.- L'idéologie et les pratiques religieuses décrites dans ce livre font forcement penser à l'Islam.Pourtant, l'auteur s'en "défend" au tout début de son livre.Je vous laisse apprécier l'ironie présente à pratiquement toutes les phrases :"Le lecteur se gardera de penser que cette histoire est vraie ou qu'elle emprunte à une quelconque réalité connue. Non, véritablement, tout est inventé, les personnages, les faits et le reste, et la preuve en est que le récit se déroule dans un futur lointain dans un univers lointain qui ne ressemble en rien aux nôtres. C'est une œuvre de pure invention, le monde de Bigaye que je décris dans ces pages n'existe pas et n'a aucune raison d'exister à l'avenir, tout comme le monde de Big Brother imaginé par maître Orwell, et si merveilleusement compté dans son livre blanc 1984, n'existait pas en son temps, n'existe pas dans le nôtre et n'a réellement aucune raison d'exister dans le futur. Dormez tranquilles, bonnes gens, tout est parfaitement faux et le reste est sous contrôle"Ce livre est un cri d'alarme comme l'était "1984" ou "Le meilleur des monde" d'Huxley.Encore une grand majorité d'entre nous ne se rendent pas compte de la gravité de la situation actuelle et à quoi nous allons devoir faire face.Ces 3 livres sont à (re)lire ET A OFFRIR !

e
edu
A ceux qui refusent la soumission

"Notre souffrance ici en Irak n est qu un prélude à ce que vous-mêmes, chrétiens européens occidentaux, devrez subir dans un futur proche. S'il vous plaît il faut que vous fassiez les efforts nécessaires pour comprendre ceci : vos principes libéraux et démocratiques n ont aucune valeur aux yeux de ces musulmans fanatiques. Vous devez reconsidérer la réalité du Moyen-Orient, car vous continuez d'accueillir ces musulmans chez vous. Je vous mets en garde car vous êtes vous aussi en danger. Il faut immédiatement prendre des décisions courageuses, difficiles y compris en allant à l'encontre de vos principes de vos lois et libertés. Vous croyez que tous les êtres humains sont égaux sur cette terre mais ce n'est pas une chose acquise selon les différentes religions. L islam n a jamais décrété que tous les êtres humains sont égaux. Pour valeurs ne sont pas leurs valeurs et elle ne le seront jamais. Si vous ne comprenez pas cela rapidement vous deviendrez les victimes d'un ennemi hypocrite, menteur et imposteur que vous aurez accueilli vous m'mêmes à bras ouverts dans votre propre pays. " archevêque de Mossoul Monseigneur Amel Shimoun Nona, Corriere de la Sera , 10 août 2015.Dans " La guerre civile qui vient " Yvan Rioufol, avril 2016.

G
Gaffe à Kim
Lutte pour VIVRE au nom de l'humain, pour la liberté et la connaissance : c'est pas gagné !

Ce livre est parfait pour vous dégoûter de TOUTES les religions depuis la nuit des temps ... c'est l'horreur au quotidien ... ça a déjà existé peut-être en pire, ça continue, et ça tente d'empirer ... même par moment l'auteur en rabâchant, réussit encore mieux à nous faire ressentir le désespoir de la non-vie, de ce qui est pire que la mort, vivre toute sa vie comme un zombie, l'ENNUI ... et j'vous dis pas la terreur si on a le malheur de naître femme !"l'amnésie et la soumission au dieu unique : toute pensée personnelle est bannie, la délation" -ça vous rappelle pas kéchoz ?- est totalement à l'honneur ! le châtiment aussi pour des pensées subversives (enfin jugées telles) ou des attitudes jugées non correctes passe par toutes les horreurs et tortures et tueries possibles et imaginables. On est assez au courant : après l'inquisition, il y a cette relève et vraiment ce livre est un coup de fouet pour nous consacrer à notre intelligence et notre capacité d'amour, de tendresse, de dévouement et une raison de vivre pour tenter d'être en harmonie avec les autres, aimer les rendre heureux, en être soi-même heureux et vivre notre Paradis, actuellement ... tant qu'on est encore en vie : Après, ben : si Dieu il y a, il reconnaitra les siens ! lol !

V
V. Massaut
L'idée n'est pas mal, mais il n'y a pas vraiment d'histoire

Je m'attendais à un vrai roman, un peu du style de 1984 de George Orwell, ou d'autres, qui racontent une histoire. Ici aussi l'auteur veut raconter une histoire, mais il veut surtout démontrer sa thèse sur la dictature par la religion. Et à force de vouloir tout miser là-dessus, il en perd le fil et l'intérêt de l'histoire qu'il raconte. Ce n'est plus crédible, et ceci malheureusement du début à la fin: le pays d'Abistan est-il sur toute la planète ou pas ? Y a-t-il encore des mers et des océans (parfois oui, parfois non) ? Comment peut-on croire aux interdits de mouvement dans la ville alors que quelques pages avant, le héros se déplace relativement librement en revenant de son sanatorium? Etc…Ca va jusqu'à admettre des erreurs directes, qui m'ont gêné à la lecture, car on se rend compte qu'il n'y a pas de rigueur sur la plausibilité de l'histoire… Et si ce n'est pas trop plausible, çà perd de l'impact que ce roman voudrait avoir. (exemple d'erreur: pp.154 et 155 de la version brochée: p154: "… vous pouvez entre par le trou de souris, il se trouve à une centaine de siccas sur votre droite,…"; et en page 155: "Et en deux temps trois mouvements, les deux amis parcourent les vingt siccas à leur droite. Le trou de souris était bien là…": alors 20 ou une centaine ? Je sais çà parait peut être un détail, mais le roman est truffé de ce genre de contradictions, qui enlève la plausibilité de l'histoire, et moi ont perturbé ma lecture: je dois me sentir vivre au sein de l'histoire pour vraiment "rentrer" dans un roman).Bref, je reconnais un certain courage à Boualem Sansal d'avoir osé écrire un tel roman, sur la dérive de ce que l'islam, en religion d'Etat, pourrait devenir. Mais à vouloir trop en faire et peut être trop en faire un conte ou une parabole plutôt qu'une histoire bien bâtie, cela distrait le lecteur et l'éloigne finalement du message principal, qui pourrait être un peu plus nuancé et plus fin.J'ai par exemple préféré, de très loin, le roman "Katiba", de Jean-Christophe Rufin, qui montre, à travers une histoire très complexe mais bien montée, comment les ficelles des djihads et des groupes terroristes sont tirées, par qui et pour quels raisons, qui sont loin d'être très religieuses !Néanmoins, je reconnais qu'il vaut la peine de lire ce roman, rien que parce qu'il a fait le 'buzz' à la rentrée littéraire, tout en sachant que ce n'est, à mon avis, pas un chef d'œuvre de littérature, mais bien un roman à thème avec un objectif un peu trop voyant. D'où les trois étoiles.

P
POQUELIN
2084 la fin du monde Ebook

Ce n'est pas facile de reprendre 1984 pour en faire une version adaptée aux menaces actuelles. Le présupposé est ici que l'Angsoc de 1984 a existé mais qu'une théocratie nouvelle et sanguinaire s'en est inspiré pour asseoir sa domination sur "la Terre". Mais comme un grain de sable dans ce rouage huilé par les massacres, il y a Ati qui se pose des questions interdites. Ses pourquoi le mènent naturellement à Koa qui devient son ami avant de disparaître. L'auteur balance entre nous dire que tout est faux semblant sans espoir ou qu'au contraire, il est possible de trouver une voie de sortie. Chacun peut y trouver ce qu'il voudra y lire...Le contraste de l'Abilang très pauvre, outil de domination, et celui des descriptions de l'auteur qui utilise un vocabulaire parfois recherché, est frappant.

G
Gerard Müller
Prémonitoire? Un roman effrayant.

2084/ La Fin du Monde/ Boualem Sansal/ Grand Prix du Roman de l'Académie Française 2015.C'est dans un monde terrible et imaginaire que nous plonge Boualem Sansal tout au long de ce roman qui nous interpelle particulièrement en ces périodes agitées par le terrorisme islamique issu d'un islam radicalisé. Au moment où Paris subit la plus grave attaque de barbarie de son histoire, ce livre fait acte de prophétie et sonne comme un avertissement aux agneaux que nous sommes.Les maîtres mots en Abistan sont amnésie et soumission, un peu comme dans l'Angsoc de Big Brother du roman de George Orwell, 1984. Il n'y existe qu'un seul Dieu Yölah. La soumission est foi et la foi est vérité. La foi commence par la peur et se poursuit dans la soumission.Sous l'empire de la pensée unique, mécroire est impensable. Tout est organisé et codifié de la naissance à la mort. Chaque individu possède un livret de la valeur, sa pièce d'identité morale. En cas d'infraction, le défaillant passe au Conseil de redressement et disparaît sans laisser de trace. Il est rayé des listes et des mémoires.Le cri de guerre et la devise est : « Allons mourir pour vivre heureux. »Pour éloigner les foules des villes et leur offrir une belle mort, de périlleux pèlerinages sont organisés en permanence.2084, qui donne le titre de l'ouvrage, est la date fondatrice pour le pays sans que personne en Abistan ne sache bien pourquoi.« Après la guerre qui a tout détruit et transformé radicalement l'histoire du monde, la misère a jeté des centaines de millions de malheureux sur les routes à travers les soixante provinces de l'empire' »Ati, personnage principal rejoint sa ville, la capitale Qodsabad après une cure en sanatorium. Avec son ami Koa il va tenter de découvrir cette Frontière mythique dont on parle sans jamais l'avoir vue, lui petit fonctionnaire obscure qui ose penser hors des normes abistanaises.Dans ce livre, Boualem Sansal fait montre d'une belle plume pour un sujet intéressant et d'actualité visant à dénoncer indirectement l'intolérance religieuse d'un autre âge qui sévit dans bon nombre de pays musulmans et menace la liberté de pensée de tous. C'est un livre essentiel en dépit de quelques passages un peu touffus et la difficulté de se souvenir de tous les noms qui n'ont que trois lettres. On peut aussi déplorer la pauvreté en dialogues et le peu de sentiments exprimés par Ati.Un livre courageux et lucide de la part de cet écrivain d'origine algérienne : à lire pour comprendre la démarche de la dictature islamique qui guette le monde.

J
Jean Pailler
UN LIVRE AMBITIEUX, HABILEMENT ECRIT

2084 est un livre ambitieux, et qui va rester une lecture incontournable pendant au moins quelques semaines.Il faut de l'ambition et du talent pour se vouloir le continuateur de Huxley, Orwell et Burgess. Boualem Sansal ne manque ni de l'un ni de l'autre.Il a déployé des trésors d'habileté pour inventer sa novlangue et son catalogue de personnages et d'institutions - et sans aucun doute il s'y est beaucoup amusé, ainsi que pour camoufler son propos sous le déguisement irréprochable de l'uchronie, grâce à quoi (et c'est tant mieux) il échappe aux critiques des censeurs les plus barbus - pardon, les plus sourcilleux. Il faut applaudir cette performance technique d'un homme qui maîtrise parfaitement deux systèmes culturels et linguistiques très différents, voire antagonistes.Cet antagonisme culturel est, bien entendu, le sujet de ce livre : il décrit un univers clos, totalitaire, entièrement soumis à un ordre à la fois tâtillon et nébuleux, et il exprime l'aspiration des hommes au libre choix de leur destin. Pour parler clair, il compare et oppose l'humanisme à l'idéocratie. Ou plus exactement, il peint avec la plus noire des encres une société idéocratique tombée dans le pire des archaïsmes, en contradiction de laquelle la civilisation occidentale d'aujourd'hui, même vue à travers ses pire ghettos, paraît lumineuse et céleste. Ce faisant, et bien que ce ne semble pas être son propos, il explique une des motivations principales des migrants d'aujourd'hui.Il est sans doute facile d'imaginer que son Abistan est dessiné d'après une caricature de l'Arabie Séoudite. Trop facile sans doute. Les innombrables musulmans qui recherchent une nouvelle voie vers l'humanisme, et une lecture respectueuse mais nouvelle des textes fondateurs, auront quelques raisons de regretter que ce livre cède un peu au manichéisme à la mode. Il n'est pas le seul mais il est bien fait, ce qui le distingue d'autres textes racoleurs autour du concept de soumission.Très nettement, Boualem Sansal met en garde le monde musulman contre une dérive qui, peu importe par quel moyen, aboutirait à ce repli littéraliste, formaliste, d'un système totalitaire et théocratique. Il met aussi en garde "l'Occident" contre des attitudes qui pousseraient, par révolte ou désespoir, des populations à suivre ce courant mortel.Le danger est que, dans le monde chaotique où nous vivons, la caricature soit prise pour un portrait fidèle, et presse au contraire les populations apeurées dans des convulsions de plus grande crainte et de haine. Toute lecture comporte un risque, et la lecture de ce livre risque de produire un effet contraire à l'intention de l'auteur.Habile, il a toutefois mis un garde-fou autour de ce danger: ce n'est pas un livre facile à lire, et la difficulté augmente au fur et à mesure qu'on y pénètre, d'abord par la complexité croissante de l'intrigue, ensuite par la difficulté d'identifier des personnages aux noms monosyllabiques, enfin, parce qu'on a l'impression que l'auteur, après s'être fait plaisir en écrivant une première partie délectable, a senti la pression du temps, et a dû se hâter d'écrire des épisodes nécessaires au récit, mais inutile au propos...Les personnages, au fur et à mesure qu'ils rejoignent le héros, manquent d'épaisseur et de réalité, semblent n'être rien que des figurines de papier, introduites pour représenter des idées ou déclencher des événements. Le héros lui-même, tout d'intellect, ne déclenche pas vraiment la sympathie qu'il mérite.Le patronage orwellien éveille immédiatement l'intérêt du lecteur qui, s'il ne l'a pas lu et en ignore même la genèse, a nécessairement entendu parler de "1984". Il est donc tentant pour un écrivain de s'en réclamer, et pour un éditeur de l'utiliser. Là, toutefois, en voulant être trop fidèle à cet héritage, Boualem Sansal s'est imposé des contraintes dont il aurait pu se passer. Mais ce sont des détails.L'Islam, comme le Christianisme post-Constantinien, a en lui des virtualités de totalitarisme et de catholicisme - d'universalité. L'Abistan de Boualem Sansal est une caricature de ce que pourrait devenir une société totalitaire et religieuse. Comme le meilleur des mondes d'Huxley et l'univers d'Orwell étaient des caricatures et des mises en garde de ce que pourrait devenir une société totalitaire.Nous savons que beaucoup de gens, partout dans le monde, travaillent à édifier une société totalitaire et religieuse. Nous savons que beaucoup d'autres gens, parfois même dans les pays les plus critiqués, s'appliquent à faire progresser une conception de l'homme fondée sur la liberté. Le livre de Boualem Sansal s'adresse à ces derniers, pour aider les peuples à prononcer ce mot, ce mot fatal que ses personnages n'arrivent jamais à prononcer: Démo... Démoc...Démocratie.J'ai conscience d'avoir été un peu sévère sur les détails... Il reste un livre très réussi, qui mérite d'être lu, et, ce qui est plus rare, d'être relu.

G
Geode
Clairvoyant et alarmant

Tirant les fils des évènements actuels jusqu’aux confins de l’absurde, l’auteur nous propose un roman d’anticipation clairvoyant sous forme d’une fabuleuse parodie tragi-burlesque qui serait drôle si elle ne sonnait pas comme un avertissement.LA FORMEJ’ai trouvé l’écriture délicieuse et très mélodieuse, érudite même. Elle enrobe les sarcasmes et vérités bien assénés de beaucoup de finesse, elle bombarde avec délicatesse les non-dits qui disent, en fait, très clairement ce qu'ils ont à dire, révélant l'absurdité et le grotesque des esprits téléguidés par les croyances. Bref le style est vraiment jubilatoire. Il y avait un moment que je n'avais pris un tel plaisir de lecture.Je ne suis donc pas d’accord avec certains commentateurs : à mon sens la Novlangue utilisée par l’auteur est parfaite et sied idéalement à l’histoire et à son propos.Il y a toutefois un passage aux 3/4 du livre qui est un peu forcé et sonne faux pour moi mais c'est un moment important qu'il faut prendre pour ce qu'il est : une charnière qui mène vers autre chose. Donc ne vous énervez pas dessus, laissez-le simplement passer.LE FONDLe grotesque et le burlesque ne sont qu’un prétexte pour diffuser pour un message essentiel.En effet, à coup de petites phrases finement taillées, l’auteur démontre au compte-gouttes la dangerosité de la pensée unique. Il dévoile aussi les techniques pour obtenir la soumission des populations et l’enfermement dans lequel elles se trouvent lorsqu’elles suivent aveuglément des préceptes religieux plus qu’intégristes (suivez mon regard...). Par ailleurs, cet embrigadement finit par générer une sorte de syndrome de Stockholm à grande échelle qui suggère que la liberté n’est pas forcément le désir le plus ultime. Une prison même cruelle peut, par ses codes stricts, son implacabilité et ses petites récompenses, être plus rassurante pour des esprits qui y sont nés à l'intérieur et n’ont rien connu d’autre.Les gros coups d’œil en direction d’un Islam dévoyé sont à peine masqués et le récit dénonce l’avènement possible d’une religion héritière de celui-ci mais si étrangère au fond car porteuse d’agressivité, mensonges, manipulation et véhiculée par rien d’autre que du marketing savamment distillé. Bref, cette nouvelle religion serait un monstre dévastateur né de l’absence de guides suffisamment puissants pour contenir les dérives de son aînée.L’auteur ou plutôt son narrateur nous fait part également de son sentiment sur la façon dont un pays soumis à un tel régime pourrait s’en sortir et revenir vers une sorte de démocratie et cette solution n'est pas très joyeuse mais frappée du sceau du bon sens.L'HISTOIRELes faits se déroulent dans un temps post Guerre Sainte nucléaire. Les descendants des survivants ont perdu la mémoire des événements et seule la date 2084 reste dans l’inconscient collectif. Leur nouveau monde est nommé Abistan et est régi violemment par la loi du Gkabul, livre saint rédigé par le prophète Abi sous la dictée du nouveau Dieu Yöhla et qui codifie strictement tous les aspects de leur vie.Ce monde-là, dans lequel les femmes ne sont que des ombres et les hommes ne savent plus ce que signifie le libre arbitre et la libre pensée, est digne d'une grande secte où les dirigeants vivent dans l'opulence, tandis que le peuple est laissé volontairement dans l'ignorance, enserré dans des conditions de vie moyenâgeuses faites de dénuement et d'obéissance aveugle aux lois terribles du Saint Gkabul. La délation y est largement récompensée, les procès en sorcellerie ou mécréance sont légion comme les grands rituels d'exécution collective pour le bien et le plaisir de tous.Dans ce pays-monde ignoble, un jour, toutefois, un homme commence à douter et à se poser LA question : celle de la liberté. De là part le périple d’Ati et de son compagnon Koa qui n’auront de cesse de découvrir la vérité au risque de leur vie : l’Abistan est-il le monde entier ? Existait-il quelque chose avant ? Si oui quoi ? Existe-t-il quelque chose à côté ? Une frontière avec un autre monde peut-être ?Nous découvrons dans leurs yeux profanes la rudesse de leur vie, la manipulation dont ils font l’objet mais aussi l’éveil de leur conscience et les bribes d’un ancien monde éventuel, ce qui donne lieu à de cocasses rencontres.En conclusion 2084 est un grand et très adroit roman, mais pas seulement, il est aussi une sorte d’alerte.

A
Anouchka
Et si c était vrai

Il est éprouvant de lire un écrit comme 2084, éprouvant sur un plan littéraire ( l utilisation d une Novlangue pleine de néologismes rend le récit fastidieux) mais surtout éprouvant sur un plan psychologique. La mise en lumière de la montée en puissance de tout système autoritaire intégriste religieux vous pousse dans vos derniers retranchements. C est l émancipation de l obscurantisme, la plongée dans le noir abyssal de nos consciences que nous propose ici Boualem Sansal, écrivain courageux qui subira les fatwas les plus fanatiques pour avoir eu le courage d exposer sa plume si lucide.Ce récit se passe en Abistan, terre ravagée non pas par une catastrophe naturelle mais bien par une Guerre sainte de grande ampleur qui remettra les compteurs de l humanité à 0, prenant pour début de sa nouvelle ère l année 2084. Le temps redémarre à nouveau, faisant abstraction de son passé, de son histoire et de son inscription chronologique. Le nouveau système en place repose sur un Dieu super puissant Yölah et son délégué prophétique Abi. Privés de liberté, de culture, de divertissements, les habitants de ce territoire dévasté n ont d autre alternative que croire en ce Dieu unique. Le conditionnement dès la naissance permet de maintenir les fidèles dans le rang. La pratique du culte omniprésente renforce la main mise divine sur le peuple. La machination totalitaire de quelques élus fanatiques montre ici toute sa puissance.C est dans cet univers dystopique qu Abi nous apparaît. Isolé au sanatorium, pour la prise en charge d une tuberculose, cette convalescence le met à l abri des hérésies les plus pernicieuses. Cette "pause religieuse", cette hibernation spirituelle lui permet un questionnement propice à la sortie d une religiosité maladive et envahissante, occultant toute pensée contraire à celle établie par les autorités en place. Cette prise de conscience l amènera à se marginaliser et à remettre en doute la suprématie de Yölah et le bien fondé de ses principes fondamentaux.Cette critique, sans jamais le nommer, vise bien évidemment l islamisme radical. L enfermement d une humanité entière dans la déraison, l aveuglement. L absence de recul et d opposition au système sont bien les caractéristiques des sociétés fondamentalement intégristes. La menace de la radicalisation des territoires musulmans pèse aujourd'hui sur l ensemble du monde, perdu globalement dans une course effrénée au profit et à l enrichissement de ses classes supérieures. Je félicite Boualem Sansal pour cet ouvrage puissant qui j espère fera référence en la matière. Il est des voix qu il faut entendre et celle de l auteur est indubitablement une aide à la prise de conscience de la dangerosité de cet islam médiéval pour nos démocraties. Ces fous de dieux extrémistes s opposent aux progrès des sociétés. La vision futuriste apocalyptique de notre monde pour la fin du XXI ème siecle éclaire nos esprits. Il ne joue pas sur les peurs collectives comme certains politiques pourraient le prétendre mais apporte une incandescence salvatrice, une explosion de l intelligence éclairée sur l obscurantisme morbide que représente la propagation de ces conditionnements diaboliques. Je rejoins Michel Houellebecq. Boualem Sansal va encore plus loin dans la provocation..dans l imagination...car en définitive il ne s agit que d un roman futuriste, une fiction fantasy....sans autre volonté que la réaction épidermique du lecteur. Enfin c est ce qu il reste à espérer d un écrivain optimiste...comme il aime à se définir.