Alexis Ivanovitch joue d'abord pour gagner, puis pour étonner, enfin pour espérer. Il n'a pas misé seulement de l'argent mais sa vie elle-même.
Ce récit suit comme une ombre la vie de Dostoïevski, durant quinze ans, à Moscou et à Baden-Baden où il se ruina au jeu. Jouer, c'est tenter le diable, c'est aussi tenter Dieu.
Alexis a voulu tout risquer, toucher le fond pour connaître la compassion et la grâce divine. Il y a une autre malédiction dans la vie du joueur, une femme-bourreau, Pauline, la belle-sœur du général qu'il sert comme précepteur.
C'est, dans la vie de l'auteur, Apollinaire, que Dostoïevski aima d'un amour douloureux. Autour d'eux, des êtres malfaisants ou étonnants, dévorés par la passion du gain.
Ce court roman, plein de brio, annonce toute l'œuvre de Dostoïevski. « Demain, demain tout cela finira », dit le joueur qui recommence à jouer éternellement.
L'avis de la Librairie du Grimoire Ancien
Le Joueur occupe une place singulière dans l'œuvre de Dostoïevski : écrit en vingt-six jours sous la pression d'une dette de jeu, ce roman est à la fois confession autobiographique et laboratoire littéraire. L'auteur y transpose sa propre addiction au jeu et sa passion tourmentée pour Apollinaria Souslova, créant une œuvre d'une intensité psychologique rare.
Ce qui frappe dans ce récit, c'est la dimension métaphysique que Dostoïevski confère à l'addiction : jouer n'est pas seulement une quête de gain, mais une confrontation avec le destin, une manière de « tenter le diable » et « tenter Dieu » simultanément. Alexis Ivanovitch incarne cette figure du joueur qui mise sa vie entière, cherchant dans la chute la possibilité de la grâce et de la rédemption.
La relation toxique avec Pauline, femme-bourreau fascinante et cruelle, ajoute une dimension passionnelle qui annonce les grandes figures féminines des romans ultérieurs de Dostoïevski. Publié au Livre de Poche, ce court roman fulgurant est une porte d'entrée idéale vers l'univers dostoïevskien : tension narrative, profondeur psychologique et quête spirituelle s'y entrelacent avec une maîtrise déjà accomplie. Une lecture essentielle pour comprendre la genèse d'une œuvre monumentale.
— La Librairie du Grimoire Ancien