J'avais quelques réticences sur le sujet mais la plume de l'auteur me rendait malgré tout impatiente de lire cette nouvelle histoire.Bon le côté: mémoire du greffon qui "communique" des choses au greffé, je suis trop cartésienne pour y croire donc je ne m'y suis pas attardée (je l'ai juste pris cela comme un peu de surnaturel ajouté à l'histoire de base). L'apprentissage pour la réappropriation du corps après une greffe est vraiment très bien retranscrite (ça m'a fait repenser à ma mère qui était contente de me dire qu'elle avait réussi à marcher quelques mètres en plus lors de sa séance de rééducation et moi, qui me disait "oui bon quelques mètres c'est pas non plus si extraordinaire … sauf que si ça l'était)Le fait de vouloir rencontrer la famille du donneur est naturelle et je trouve dommage que chez nous (Belgique) cela ne soit pas permis (il n'est même pas possible de leur écrire "anonymement"). Je crois, en effet, que cela peut, comme l'histoire de ce livre le montre, aider non seulement le greffé mais aussi la famille du donneur.Pour ce qui est de l'histoire entre les 2 personnages, je l'ai trouvée magnifique. C'était d'une douceur et d'une délicatesse extraordinaire. Rien n'est brusqué tout suit son chemin. Cela m'a fait pensé à un petit cours d'eau qui s'écoule lentement et lorsqu'il rencontre un obstacle, le contourne ou glisse dessus sans choc, sans fracas et continue son parcours sans perdre de vue son embouchure. Bien sûr les deux personnages vivent des tourments. La perte d'un être cher si jeune et d'une manière si inattendue est une réelle déchirure, un trou béant et la douleur est immense. Tout comme le fait de se savoir condamné et ne devoir sa survie qu'à la mort de quelqu'un d'autre, mentalement ce n'est pas simple à accepter. Mais l'auteur réussit à faire de ces 2 traumatismes un pansement l'un pour l'autre. Pendant toute ma lecture, j'avais l'impression d'être dans un cocon d'ouate tellement tout était amené avec douceur et ce, même si les larmes ont coulé à de nombreuses reprises. Quand je dis douceur je ne veux pas dire facilité, ni amoindrissement des difficultés. L'auteur ne laisse pas entendre que finalement tout est simple si on le veut, au contraire, les difficultés pour surmonter leurs traumatismes sont extrêmement bien décrites. Mais pour les surmonter, comme c'est souvent le cas dans la vie, il ne suffit pas juste de le vouloir, il faut aussi laisser le temps faire son œuvre pour tout remettre en place, réparer, cicatriser, accepter, continuer.Bref, une histoire que j'ai dévorée en deux jours et que je recommande.