Le Grimoire Ancien
L'homme qui lisait des livres
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Quand un jeune photographe français pointe son objectif vers ce vieillard entouré de livres, il ignore qu'il s'apprête à traverser le miroir. " N'y a-t-il pas derrière tout regard une histoire ? Celle d'une vie. Celle de tout un peuple, parfois ", murmure le libraire. Commence alors l'odyssée palestinienne d'un homme qui a choisi les mots comme refuge, résistance et patrie.
De l'exode à la prison, des engagements à la désillusion politique, du théâtre aux amours, des enfants qu'on voit grandir et vivre, aux drames qui vous arrachent ceux que vous aimez, sa voix nous guide à travers les labyrinthes de l'Histoire et de l'intime. Dans un monde où les bombes tentent d'avoir le dernier mot, il nous rappelle que les livres sont notre plus grande chance de survie – non pour fuir le réel, mais pour l'habiter pleinement. Comme si, au milieu du chaos, un homme qui lit était la plus radicale des révolutions.
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L'homme qui lisait des livres - © 2026 Le Grimoire Ancien
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Très beau livre, l’auteur nous immerge et nous emporte dans un récit à la fois touchant et douloureux.
La lecture de ce livre de Rachid Benzine m’a donné l’impression d’un récit très unilatéral. Certains choix narratifs et historiques semblent orienter fortement la perception du lecteur, donnant une vision beaucoup trop simplifiée d’un conflit pourtant très complexe.Le 7 octobre y est évoqué seulement par l’inquiétude de la famille du libraire, famille qui vit à l’étranger et qui n’a plus de nouvelles de lui. Ce parti pris narratif contribue, selon moi, à un grand déséquilibre qui laisse de côté des dimensions importantes du conflit.J’observe enfin l’absence notable de toute évocation de la shoah avec six millions de juifs tués et de l’exode des Juifs des pays arabes : des centaines de milliers de personnes réfugiés d’Irak, de la Syrie à l’Égypte, d’Algérie , de Tunisie ont été contraintes de partir au XXᵉ siècle, laissant souvent tout derrière eux et devant se reconstruire ailleurs. Ces trajectoires humaines font partie intégrante de l’histoire de la région et leur omission appauvrit le récit.Ceci est mon opinion de lecteur, qui n’engage que moi.
A Gaza, alors qu’un jeune photographe français s’apprête à prendre en photo un vieillard en train de lire devant son échoppe de livres, il est apostrophé par celui-ci. Prendre quelqu’un en photo sans savoir qui il y a derrière le dérange. Avant d’avoir la permission de le faire il devra écouter l’histoire de ce vieil homme.Il s’appelle Nabil et il va raconter à Julien la vie tranquille et heureuse que menaient ses parents avant d’avoir dû quitter leur village, chassés par des israéliens. Sa naissance, sa vie dans un camp de réfugiés palestiniens. Grandir dans ce pays qui ne lui appartient plus vraiment, fait de souffrances, gravats, poussière et ruine. Un combat sans fin où palestiniens et israéliens pensent la même chose les uns des autres les menant à une impossible réconciliation.Ce sont les livres qui seront sa bouée de secours, qui l’aideront à survivre à toutes ses épreuves. Ils seront son refuge. C’est peut-être pour cela que ceux de son échoppe il ne les vend pas, il les offre.« J’ai décidé de ne pas ajouter de la laideur, de ne pas abîmer, d’être présent dans le silence de la lecture, d’apporter ma pierre avec mes livres » (Nabil)Julien aura droit à sa photo mais va garder contact avec Nabil et Hafez son meilleur ami. Il retournera les voir régulièrement. Et puis arrive le massacre du 7 octobre 2023 et les représailles israéliennes…Rachid Benzine signe une histoire à nouveau très courte mais qui va droit au but, toute en finesse, simple, belle, triste.J’avais adoré, si l’on peut dire ça d’une telle histoire, Voyage au bout de l’enfance, que j’ai trouvé beaucoup plus poignant mais L’homme qui lisait des livres est tout aussi beau et fort.
Il y a un mois que j'ai lu ce livre, et au moment de rédiger ma chronique, Nabil m'accompagne toujours au quotidien. C'est un livre fort, puissant, magnifique, un livre teinté d'espoir et de résilience.Julien Desmonges est un photographe français qui circule dans Gaza dévastée, tout est chaos, désarroi, désolation ; immeubles éventrés, gravats, poussière fumante. Au milieu de tout cela entre l'étal d'un boulanger et d'un cordonnier, une devanture avec des centaines de livres et un homme âgé s'accrochant à ses bouquins qu'il lit dans les décombres.'Un vieux libraire accroché encore à ses bouquins qui lit à deux pas des ruines. Comme si les mots pouvaient le sauver du bruit, de la souffrance, de la mort lente de la ville.'Julien veut le prendre en photo, Nabil, le narrateur lui suggère de se rencontrer autour d'une tasse de thé et d'écouter son histoire.'Mais n'y a-t-il pas derrière tout regard une histoire ? Celle d'une vie . Celle d'un peuple parfois.'Il lui offre des livres ("La comédie humaine" de Malraux et "La terre nous est étroite et autres poèmes" de Mahmoud Darwich) et lui suggère de les lire et de le revoir le lendemain.Nabil Al Jaber va lui raconter sa vie, son histoire, celle de son peuple, de son pays. Nabil est né en 1948, il est Palestinien, il a fait ses premiers pas dans un camp de réfugiés, il a toujours connu l'exode, la résistance, l'enfermement, la peur, la répression. Il a toujours gardé l'espoir, a appris à accepter , les mots sauvent, aident, le théâtre lui a permis de comprendre la littérature, de saisir le pouvoir des mots salvateurs.Un roman trop court, puissant, pudique sur la mémoire, la résilience. Un style sobre et dépouillé, il va à l'essentiel. Un texte bouleversant qui permet de voir la guerre par le regard de ceux qui la subissent. Un hommage aux livres, aux mots qui permettent l'espoir, de voir une beauté dans ce monde en perdition.A lire absolument.Immense coup de coeur ♥♥♥♥♥Les jolies phrasesVous savez, ici, chaque livre a son histoire et sa place réservée. Vous pouvez choisir, bien sûr. Mais les livres, eux, choisissent aussi les lecteurs.Le lecteur est un prisonnier consentant, attaché à l'illusion que chaque page tournée le libèrera.On sous-estime toujours combien une occupation peut se substituer au monde.Toute leur vie, bien des Palestiniens n'auront connu que ce traitement. Et toute leur vie également, bien des Israéliens ne se seront représenté les Palestiniens que comme des terroristes. Ces images inversées expliquent l'impossible réconciliation.Lis lis jusqu'à perdre la raison. Mais lis, petit frère, lis.
Récit retraçant à travers l'histoire de ce libraire la vie des Palestiniens, leur exode, leurs souffrances, le tout avec beaucoup d'espoir et de pudeur. Un beau témoignage enrichissant.


